Cet enfant qui nous interpelle et qui nous enrichit...
Depuis ses origines en 1948, l'histoire du Bice
est liée à celle des droits de l'enfant.
Le Bice défend la dignité de l'enfant depuis l'exercice de ses droits jusqu'à celui de ses responsabilités. Cet engagement inclut aussi la dimension spirituelle de la vie : nous sommes convaincus que la racine de bien des problèmes - et des solutions à mettre en oeuvre - se situe au-delà des besoins matériels immédiats, urgents et essentiels par ailleurs.
Le Bice a particulièrement défendu lors des débats préparatoires de la Convention Internationale relative aux Droits de l'Enfant (CIDE) l'intérêt de tout l'enfant et de tous les enfants, une vision globale de l'enfant. Les droits de l'enfant sont universels et inséparables, liés entre eux.
Ils reconnaissent également l'importance de la famille pour l'enfant.
La CIDE est beaucoup plus qu'une déclaration de principes. C'est un instrument légal, de droit international. Unique par son acceptation presque universelle, elle aide à intégrer pleinement l'enfant et ses richesses dans la vie de l'humanité.
La CIDE doit être appliquée : c'est un processus à la fois urgent et de longue haleine.
La CIDE reconnaît l'enfant comme sujet de droit. Ce faisant, elle s'adresse à l'enfant et à son entourage, du proche au lointain, de sa famille à la société toute entière.
A ce point précis, le courant des droits de l'enfant rejoint un autre courant, celui de la résilience, cette capacité à se reconstruire et à se développer en présence de difficultés et malgré les traumatismes vécus.
Un grand nombre d'éducateurs et de chercheurs s'étonnent devant le nombre d'enfants qui se développent bien à travers des situations de vie souvent très difficiles, sans être pour autant "surdoués". Que pouvons-nous apprendre d'eux, utile pour d'autres enfants ?
Aujourd'hui, nous sommes convaincus au Bice que les droits de l'enfant et la résilience s'interpénètrent. La clarification de ces liens est un défi pour notre unité "Recherche et Développement". Il s'agit d'un véritable chantier, digne de celui des cathédrales au Moyen Age...
Convention des Droits de l'enfant (CDE) et résilience...
• Si la CIDE est universelle comme norme et la résilience comme réalité humaine potentielle, ni l'une ni l'autre ne sont des "techniques" à appliquer de façon uniforme. Leur mise en œuvre intelligente doit être adaptée aux circonstances et aux défis du lieu. Pour mieux cerner ces bonnes conditions d'application, nous avons ouvert un vaste chantier de réflexion. Là, nous mettons en perspective la CIDE avec les expériences du terrain, les recherches scientifiques et l'expérience de vie au sens large.
• La CIDE ne peut garantir le bonheur des enfants. Elle est le minimum à garantir, un véritable repère de civilisation. Ce minimum est loin d'être assuré, ni sur le plan matériel, ni sur le plan spirituel, même dans les pays dits "développés".
La résilience n'est pas non plus une panacée. Elle est un fait qui inspire un nouveau regard sur la vie et suggère des pistes nouvelles pour construire le quotidien.
• La CIDE et la résilience s'appuient l'une et l'autre sur une dimension éthique, parfois sous-jacente, vitale pour éviter les dérives.
• La résilience se construit dans une interaction entre la personne ou le groupe en difficulté d'une part, et son entourage d'autre part. Les responsabilités lient tous les niveaux de la société : individus, familles, communautés, Etats et instances internationales. Nous nous situons au-delà des idéologies traditionnelles de gauche ou de droite, où la responsabilité est focalisée sur la collectivité ou sur l'individu. Cette dynamique interactive fait écho aux conditions favorables à la mise en oeuvre de la CIDE.
• La CIDE et la résilience sont des réalités vivantes. Nous devons rester ouverts aux questions et aux corrections issues de l'expérience. Elles nous invitent à faire toujours un pas de plus : une ouverture curieuse sur l'infini, à l'Infini.
Nous pénétrons ainsi toujours davantage dans la vie, dans nos engagements.