Colloque : Diversité de croyances et Citoyenneté démocratique, Genève, 21 08 2008


 
     Ce colloque organisé par le Collège universitaire Henri Dunant, en collaboration avec quatre autres ONG dont le Bice, avait pour but de célébrer le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  à travers une discussion sur la citoyenneté inclusive et le rôle des religions dans les conflits internationaux.
 
      De nombreuses personnalités, collaboratrices du Bice, sont intervenues lors des débats, notamment P. Meyer-Bisch, Coordonateur, Chaire UNESCO et Institut Interdisciplinaire d'Ethique et des Droits de l'Homme,  Université de Fribourg ; G. Ngefa, Chargé principal des droits de l'homme, Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire ; J.B Marie, chercheur, CNRS et Université de Strasbourg ; W. Ossipow, Professeur, Université de Genève et A. Sow, Directeur CIDC, Université de Nouakchott (Mauritanie).
 
     Sur le thème  de  la citoyenneté inclusive, le Professeur Secrétan a rappelé qu'il faut analyser la citoyenneté en tant qu'elle  ne se rattache pas à un Etat. Il faut la considérer comme une réalité de la cité qui en est transcendante et s'en distingue.
 
    Le débat a tourné autour de la notion d'ethnicité, comme obstacle à la citoyenneté inclusive. M. Ngefa a pris l'exemple des récentes élections au Kenya, pour nous  montrer comment l'ethnie a eu une influence directe aussi bien sur les élections que sur les évènements, notamment les massacres et pillages, qui s'en sont suivis. Il a parlé d'ethnicité négative, en opposition au concept d'ethnicité positive comme facteur de citoyenneté démocratique. L'ethnicité ne pouvant pas être éradiquée, il est important de la valoriser et une telle ambition ne peut se réaliser qu'à travers l'éducation.
 
     M. Singh a rappelé que l'acte constitutif de l'UNESCO fait référence au respect des droits de l'homme, à la dignité de la personne humaine, à la citoyenneté démocratique et à la justice. Il a ajouté que la conscience d'une citoyenneté démocratique passe aussi par l'éducation. De ce fait, l'UNESCO a mis en place un programme mondial sur l'éducation et les droits de l'homme et organisera une Conférence sur « la lutte contre la pauvreté et éducation inclusive » qui se tiendra à Paris du 24 au 29 Novembre 2008.
 
     Mme N. Rondeux, attachée du Ministère des affaires étrangères de Belgique, a souligné les manipulations qui peuvent être faites de la religion à des fins politique. Elle a illustré son propos par la mention de la récente résolution sur la diffamation des religions adoptée lors de la 7ème session du Conseil des Droits de l'Homme, texte qui, selon elle, doit être pris avec précaution. En effet, Comme le Bice et autres ONGIC avaient remarqué dans leur contribution qu'ils avaient soumis pour les Rapports   de la Haute Commissaire aux Droits de l'Homme sur la mise en œuvre de la résolution 7/19 du Conseil des droits de l'homme "Combattre la diffamation des religion" et du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 62/154 de l'Assemblée générale "Combattre la diffamation des religions"(http://www.biceinternational.org/e_upload/pdf/un_hrc_contribution_rapports_diffamation_des_religions_2008.pdf); qui seront présentés lors de la session de septembre du Conseil des Droits de l'Homme , les droits de l'homme sont reconnus à chaque être humain et ne lui sont pas octroyés. Ils se réfèrent à des individus physiques et pas à des personnes morales.
C'est ainsi que la liberté de religion ou de conviction n'est garantie ni aux Etats ni aux religions ou aux personnes morales, mais elle est reconnue à chaque personne physique. Il s'agit d'un droit individuel qui peut être exercé collectivement. En vertu de ce principe, chaque être humain devrait toujours être au centre du système de protection des droits de l'homme. Au contraire, la notion de diffamation de religion ne trouve pas sa place dans le système des droits de l'homme car ces droits émanent des individus. En acceptant de protéger la diffamation des religions, on prend le risque qu'une telle protection soit utilisée contre les individus (par exemple, certaines peines contraires aux droits de l'homme peuvent être tolérées au nom de la diffamation des religions).
 
     M. Sow, quant à lui, a souligné la nécessite de comprendre la perception que la population a de la religion. Selon cette perception, on doit faire ne sorte que les religions deviennent un « bouclier contre la barbarie ».


Newsletter Inscription.
Bice, 11 rue Cornavin CH-1201 Geneva – Switzerland
Site réalisé par Ecedi